Les plaques refuges

Les quelques conseils ci-dessous devraient permettre à tout un chacun de réaliser des inventaires aisément à l’aide de plaques et de façon assez peu contraignante.

Les « plaques refuges » sont utilisées par les reptiles pour la thermorégulation.

Les orvets et serpents ont pour habitude de se réfugier dessous pour profiter de la chaleur accumulée tout en étant à l’abri des prédateurs. Les lézards, quant à eux, viennent régulièrement profiter de la chaleur sur ces plaques, plus rarement dessous.

Les observations sont donc réalisées à distance pour les lézards ou en soulevant la plaque pour les orvets et les serpents.

 

Afin d’optimiser l’attrait de ces plaques, plusieurs facteurs sont à prendre en compte :

  • Emplacement : les plaques doivent être positionnées sur des zones favorables aux reptiles. Elles sont placées au contact immédiat d’une zone pouvant constituer un abri naturel pour les reptiles : buisson dense, haie, lisière de forêt broussailleuse, tas de bois ou de pierres, etc.
  • Ensoleillement : elles doivent pouvoir recevoir un ensoleillement important au cours de la journée, il est donc inutile de les positionner à l’ombre d’un boisement dense ou d’une haie.
  • Exposition : toujours dans un souci d’optimisation, les plaques doivent être orientées afin de profiter d’un maximum de soleil dans la journée : une orientation sud semble donc idéale. Mais L’orientation des plaques dépend aussi des horaires envisagées pour les relevés : si on envisage la fin d’après-midi, une orientation sud-ouest voir ouest peut être retenue. Une orientation sud-est peut être un bon choix si les relevés sont plutôt réalisés le matin.

 

Les reptiles ne supportent pas les températures trop élevées, qui peuvent leur être fatales. Ce phénomène est à prendre en compte lors des relevés : des plaques situées en plein soleil depuis de nombreuses heures seront assurément désertées par leurs occupants lors des chaudes journées. Ainsi, les relevés de plaques seront souvent plus fructueux lors des journées ensoleillées mais fraiches du printemps ou lors des journées couvertes en été.

 

Une méthode alternative peut être d’installer les plaques dans des niches naturelles d’un buisson ou d’une haie, afin qu’au fil de la journée il y ait toujours une partie de la plaque à l’ombre et une partie ensoleillée. Il y a ainsi toujours sous la plaque une zone chaude et une zone plus froide. Les occupants peuvent ainsi conserver, par de faibles déplacements une température conforme à leurs exigences. C’est bien entendu plus facile à faire lorsque les plaques sont de grandes dimensions.

 

Plusieurs types de matériaux peuvent être utilisés : plaque de caoutchouc (tapis de convoyeurs utilisés par les carriers, par exemple), tôle métallique, plaque de fibro-ciment, plaque en bois… N’importe quel matériaux peut convenir, mais pas forcément avec toutes les conditions météorologiques. Une plaque de tôle sera efficace lors d’une journée nuageuse mais sera vite un véritable four en plein soleil,  contrairement à une plaque en bois. Il convient donc à l’observateur de faire son choix en fonction des ressources disponibles, du poids, d’un recyclage éventuel…

La taille de ces plaques peut être variable. De petites plaques permettent souvent de détecter des juvéniles de serpents ou des orvets. Pour les serpents adultes, une surface minimum paraît nécessaire : 80cm x 80cm, 100cm x 60cm… Une règle facile à retenir est qu’une plaque présentant une diagonale d’un mètre sera plus efficace pour détecter les grands serpents comme la Couleuvre d’esculape.

Afin de garantir un accès aux différentes espèces sous la plaque, des branches ou quelques petites pierres sont positionnées pour la surélever de quelques centimètres par rapport au sol.  Ceci n’est pas utile si la plaque présente naturellement des accès (plaque de tôle ondulée ou plaque de fibro-ciment, par exemple).

 

La fréquence des relevés est surtout liée aux disponibilités des observateurs. Les reptiles ne sont pas perturbés par le relevé « non stressant », pour lequel on se contente de soulever la plaque doucement par un des côtés, de compter ce qu’il y a dessous, et de prendre quelques photos, en quelques dizaines de secondes. Des relevés hebdomadaires sont alors possibles sans conséquences sur les reptiles.

En reposant la plaque, on fait preuve de douceur afin de ne pas écraser les animaux. Dans certains cas, on peut découvrir un spécimen atypique et difficile à identifier, ou dans une position rendant une prise de vue difficile. Le relevé des plaques s’éternise donc au point que les reptiles présents commencent à se déplacer. Il est alors nécessaire d’attendre que les animaux soient partis dans les buissons contigus à la plaque pour pouvoir la reposer sans risque d’écrasement.

Les morsures lors de ces relevés sont hautement improbables si on ne tente pas de saisir les animaux (rappelons que la capture est  interdite par la loi) mais il peut être rassurant pour l’observateur de se murir de gants de cuir.

 

En conclusion, il faut retenir que :

            - le matériau utilisé n’est pas un paramètre critique, mais il influe sur les conditions météorologies optimales pour les relevés.

            - la taille de la plaque n’est pas non plus cruciale, mais si on le peut, des diagonales supérieures ou égales à 1 mètre seront choisies. Il est cependant préférable de poser une petite plaque et de ne détecter que de petits reptiles (orvets et juvéniles de serpents) que pas de plaques du tout !

            - l’ensoleillement doit être important mais si une partie de la plaque est à l’ombre, ce n’est pas grave, bien au contraire, cela permet des relevés aussi lors des journées plus ensoleillées.

            - la plaque doit être en connexion directe avec des micro habitats favorables aux reptiles. Une plaque posée au milieu d'une prairie ne sera sans doute jamais colonisée.