La prospection à vue

La recherche des reptiles « à vue » est réputée difficile et souvent peu fructueuse.

Mais quelques règles simples permettent d’augmenter grandement l’efficacité des prospections.

 

En premier lieu, il est crucial de ne pas surestimer les besoins thermiques des reptiles : avec du soleil et une température ambiante de 20°, une température supérieure à 30° est très rapidement atteinte au sol. Vos chances d’observer un reptile diminuent alors très fortement, car globalement la majorité des espèces franciliennes apprécient une température au sol comprise entre 20° et 28°. Il faut donc choisir des journées ensoleillées mais fraiches au printemps, ou encore couvertes en été. A défaut, on prospectera le matin de bonne heure ou en fin d’après-midi.

En revanche, les journées très venteuses rendent la thermorégulation plus difficile pour les reptiles, même s’ils sont très habiles pour trouver des petites « niches » au sol, à l’abri des courants d’air.

Pour évaluer rapidement la température du sol, on peut se munir d’un thermomètre infrarouge qui a l’avantage de fournir une mesure instantanée. On peut se procurer cet appareil pour environ 25 euros sur internet.

 

Il faut ensuite rechercher les reptiles au bon endroit : les milieux bordiers exposés sud-est, sud ou sud-ouest pourvus d’une végétation dense. Pour déterminer si une lisière de forêt, une haie ou un fourré constitue un milieu attractif pour un reptile, on utilisera le critère suivant : si on peut rentrer dans la forêt, dans la haie ou dans le fourré, n’importe quel prédateur de reptiles le peut aussi, et donc aucun reptile ne s’y sentira en sécurité! Plus il y a de ronces, de genets ou de buis, etc. plus le milieu est favorable.

Il faut noter que même si certaines espèces peuvent investir des branches basses (les vipères par exemple) et que d’autres grimpent remarquablement bien (comme la Couleuvre d’esculape), l’immense majorité des observations se font au sol. D’autre part, les serpents observables en Ile-de-France ne s’exposent généralement pas en thermorégulation à plus de quelques dizaines de centimètres d’une cachette (généralement moins de 30 cm). Il faut donc inspecter méticuleusement les abords des cachettes potentielles : buissons denses, tas de pierre, tas de bois, pieds de haies denses. On peut également soulever tout ce qui peut constituer un abri : morceaux de bois, grosses pierres, etc.

 

Il est indispensable de marcher lentement. Une lisière se parcourt à 1 km/h, voir beaucoup moins lorsque le milieu est particulièrement favorable. Le pas doit être très léger car les reptiles sont sensibles aux vibrations du sol.

Par ailleurs, les reptiles sont des animaux très cryptiques, et même les grands serpents sont très difficilement observables à plus de quelques mètres. Dans de nombreux cas, le prospecteur ne voit le reptile qu’une fois qu’il est à ses pieds. Son regard doit donc balayer le sol entre les pieds et 5 mètres maximum en avant de sa progression.

La progression doit se faire si possible avec son ombre derrière soit : un reptile en thermorégulation vous détectera particulièrement bien si vous lui cachez le soleil !

 

Enfin, lorsque l’on entend un petit animal s’enfuir, on peut patienter sans bruit et immobile : si c’est un reptile, il y a de forte chance pour qu’il revienne à la même place au bout d’une dizaine de minutes.

 

En résumé, pour des prospections fructueuses, il faut :

            - choisir des journées pas trop chaudes, si possible sans vent

            - inspecter les milieux bordiers impénétrables par l’homme

            - marcher très lentement, d’un pas léger

            - balayer du regard une zone comprise entre ses pieds et 5 mètres en avant

            - faire attention à son ombre

            - être attentif aux bruits.